
Visa nomade : Portugal ou Espagne ?
Revenus exigés, démarches, impôts et coût de la vie du visa D8 portugais et du visa nomade espagnol, ligne par ligne, avec la source de chaque chiffre.
Mis à jour le Publié le
Photo : Ignacio Pereira, Pexels
Le Portugal demande 3 680 € par mois de revenu pour son visa D8, l’Espagne 2 442 € ou 2 849 € selon la base de calcul du SMI. Les deux montants viennent des administrations des deux pays. Les comparatifs en ligne affichent pour le même seuil plusieurs valeurs, souvent périmées, car le salaire minimum change chaque année. Pour les autres façons de travailler à Barcelone, voyez notre dossier.
Chaque ligne du comparatif porte sa source. Le sujet concerne les ressortissants de pays tiers. Avec un passeport de l’Union européenne, seule la première section vous touche.
Citoyen de l’UE : aucun des deux visas
Le visa D8 portugais et le visa nomade espagnol sont des titres pour ressortissants de pays tiers. Le site officiel des visas du ministère portugais des Affaires étrangères le dit : seuls les ressortissants de pays tiers doivent détenir un visa de long séjour pour rester plus de 90 jours. Les citoyens de l’UE, de l’EEE ou d’un pays lié par un accord de libre circulation en sont dispensés.
L’Espagne procède de même : le visa de télétravail repose sur l’article 74 bis de la loi 14/2013, qui vise les ressortissants de pays tiers.
Un Français, un Belge ou un Suisse s’installe donc à Lisbonne ou à Barcelone sans visa. Les formalités locales restent : numéro fiscal, inscription à la mairie, et en Espagne le certificat d’enregistrement et le NIE à Barcelone. Pour le cadre complet de l’installation, voir le guide d’expatriation à Barcelone. Les régimes fiscaux spéciaux (IFICI, loi Beckham) s’appliquent aux citoyens européens aussi, sous leurs propres conditions.
Le tableau comparatif, ligne par ligne
| Critère | Portugal (D8) | Espagne (visa de télétravail) | Source |
|---|---|---|---|
| Public visé | Pays tiers | Pays tiers | vistos.mne.gov.pt, Ley 14/2013 art. 74 bis |
| Revenu mensuel exigé | 3 680 € (4 × 920 €), moyenne des 3 derniers mois | 2 442 € (SMI sur 14 paies) ou 2 849 € (sur 12 mois) | vistos.mne.gov.pt, BOE-A-2026-3815 |
| Plafond de clients locaux | Non mentionné dans la liste officielle des documents | 20 % maximum de l’activité pour un indépendant | vistos.mne.gov.pt, Mairie de Barcelone |
| Frais du visa | 110 € | 60 € au tarif général, plus 73,26 € de taxe pour l’autorisation | vistos.mne.gov.pt, Mairie de Barcelone |
| Délai légal de décision | 60 jours (visa de résidence), 30 jours (séjour temporaire) | 10 jours (visa), 20 jours (autorisation) | vistos.mne.gov.pt, Mairie de Barcelone |
| Durée du premier titre | Visa de résidence de 4 mois, puis titre de séjour délivré par l’AIMA | Visa d’un an maximum, puis autorisation de trois ans maximum | vistos.mne.gov.pt, Mairie de Barcelone |
| Régime fiscal spécial | IFICI : 20 % pendant 10 ans, postes éligibles seulement | Loi Beckham : 24 % jusqu’à 600 000 €, puis 47 % | Portal das Finanças, art. 93 LIRPF |
| Niveau des prix des ménages (UE = 100) | 86,6 | 91,6 | Eurostat, tec00120, 2025 |
Ces délais courent pendant l’instruction du dossier. L’attente d’un rendez-vous au consulat s’ajoute, et elle dépend du pays où vous résidez. La procédure espagnole est détaillée sur la page visa nomade en Espagne.
Les seuils de revenus, calculés
Le D8 se prouve par un revenu mensuel moyen sur trois mois au moins égal à quatre fois la rémunération minimale mensuelle garantie. Le salaire minimum portugais est de 920 € en 2026 (décret n° 139/2025 du 29 décembre, cité par le site officiel des visas). Le calcul donne 4 × 920 = 3 680 € par mois.
Côté espagnol, le décret royal 126/2026 fixe le SMI à 1 221 € en 14 paies, soit 17 094 € par an. Le seuil de 200 % du SMI donne 2 442 € par mois sur cette base, ou 2 849 € si l’on proratise le SMI sur 12 mois (1 424,50 €). Les sources officielles citent les deux bases. Demandez le montant retenu au consulat qui instruit votre dossier.
| Seuil mensuel | Portugal | Espagne (14 paies) | Espagne (12 mois) |
|---|---|---|---|
| Titulaire seul | 3 680 € | 2 442 € | 2 849 € |
| Écart avec le Portugal | 0 | +1 238 € côté Portugal | +831 € côté Portugal |
Pour une famille, l’Espagne ajoute 75 % du SMI pour le premier proche et 25 % pour chacun des suivants. Pour le Portugal, la règle générale des moyens de subsistance majore de 50 % pour un second adulte et de 30 % par enfant. Pour le D8, le consulat confirme l’application exacte.
Démarches et délais
Le Portugal traite la demande au consulat portugais compétent pour votre pays de résidence. Le visa de résidence est valable 4 mois avec deux entrées. Pendant cette période, vous demandez le titre de séjour à l’AIMA. Le site officiel prévoit aussi un visa de séjour temporaire de moins d’un an pour l’activité exercée à distance. Les frais de traitement du visa national sont de 110 €.
L’Espagne ouvre deux voies : le visa au consulat, ou la demande d’autorisation depuis l’Espagne auprès de l’UGE-CE si vous y séjournez déjà légalement. Les taxes sont de 60 € environ pour le visa et de 73,26 € pour l’autorisation. Le détail des justificatifs, de la durée et du renouvellement est sur la page visa nomade digital à Barcelone.
Les deux dossiers demandent un casier judiciaire apostillé ou légalisé et une preuve d’assurance. Le Portugal exige aussi un document attestant la résidence fiscale. Aucune page officielle consultée ne donne de délai moyen réel d’instruction à l’AIMA. Les « 3 à 6 mois » des blogs ne citent pas de source.
Fiscalité : IFICI portugais contre loi Beckham
L’ancien régime des résidents non habituels (RNH) est fermé aux nouveaux arrivants depuis 2024. Il a été remplacé par l’IFICI, surnommé « RNH 2.0 ». Selon la fiche du Portal das Finanças, il taxe à 20 % les revenus d’activité obtenus au Portugal pendant 10 années consécutives. Les revenus de source étrangère sont en règle générale exonérés, sauf ceux versés depuis un territoire à fiscalité clairement plus favorable, taxés à 35 %.
Le régime est plus étroit que l’ancien RNH. Il faut devenir résident fiscal portugais sans l’avoir été les cinq années précédentes, n’avoir jamais bénéficié du RNH, et occuper un poste ou une profession prévus par la loi : enseignement et recherche, postes qualifiés dans des entreprises éligibles, dirigeants, professions de l’informatique avec un master ou une licence et trois ans d’expérience, startups certifiées. L’inscription se fait sur le Portal das Finanças avant le 15 janvier de l’année suivant l’installation. Un freelance généraliste ne coche pas ces cases d’office.
La loi Beckham espagnole taxe à 24 % les revenus d’activité jusqu’à 600 000 € et à 47 % au-delà, pendant l’année d’arrivée et les cinq suivantes. Elle exige de ne pas avoir été résident fiscal espagnol les cinq années précédentes, et l’option se demande dans les six mois suivant l’inscription à la Sécurité sociale. Le régime est étatique, sans variante catalane. Un autónomo classique n’y a pas droit, seuls certains profils d’entrepreneurs de l’innovation sont visés. Les conditions complètes sont sur la page loi Beckham à Barcelone, et le cas des Français sur la page fiscalité entre la France et l’Espagne.
Coût de la vie
Eurostat mesure le niveau des prix de la consommation des ménages avec l’UE à 100. En 2025, le Portugal est à 86,6, l’Espagne à 91,6 et la France à 110,3. L’écart entre les deux pays ibériques est donc d’environ cinq points. Le salaire minimum suit la même pente : 920 € au Portugal contre 1 221 € en Espagne.

Ces indices sont des moyennes nationales. Les loyers sont publiés avec des méthodes différentes (INE au Portugal, Incasòl en Catalogne), et les fourchettes de budget mensuel des blogs ne citent pas leurs sources. Pour Barcelone, le détail de chaque poste est sur la page coût de la vie à Barcelone.
Choisir selon son profil
Le revenu tranche en premier. Sous 2 442 € par mois, aucun des deux visas n’est accessible. Entre 2 442 € et 3 680 €, seul le visa espagnol l’est. Au-dessus de 3 680 €, les deux visas restent ouverts et les autres lignes du tableau départagent.

Un indépendant dont plus de 20 % de l’activité vient de clients espagnols est exclu du visa espagnol. Un salarié d’une entreprise étrangère n’a pas cette limite. Côté impôts, l’IFICI et la loi Beckham visent des postes précis. Vérifiez votre éligibilité avant de bâtir un budget dessus.
Si Barcelone figure dans votre liste, toute l’installation se trouve sur le hub expatriation à Barcelone. Faites confirmer montants et conditions par le consulat concerné et par un conseiller fiscal avant tout dépôt.
Questions fréquentes sur le visa nomade au Portugal ou en Espagne
Un Français a-t-il besoin d’un visa nomade pour le Portugal ou l’Espagne ?
Non, ni pour l’un ni pour l’autre. Les deux visas sont réservés aux ressortissants de pays tiers. Un citoyen de l’Union européenne s’installe dans les deux pays sans visa, avec les seules formalités d’enregistrement de résidence au-delà de trois mois.
Quel pays demande le revenu minimum le plus bas ?
L’Espagne. Le seuil est de 200 % du SMI, soit 2 442 € par mois sur la base de 14 paies ou 2 849 € sur 12 mois. Le Portugal demande en moyenne quatre fois le salaire minimum de 920 €, soit 3 680 € par mois sur les trois derniers mois.
Le régime fiscal RNH existe-t-il encore au Portugal ?
Il est fermé aux nouveaux arrivants depuis 2024. Le régime IFICI l’a remplacé : 20 % sur les revenus d’activité portugais pendant 10 ans, mais seulement pour certains postes et certaines entreprises, et pour qui n’a pas été résident portugais les cinq années précédentes.
La loi Beckham est-elle réservée aux titulaires du visa nomade ?
Non. C’est un régime fiscal distinct du visa, ouvert aussi aux salariés détachés ou recrutés en Espagne, sous conditions. Il applique 24 % jusqu’à 600 000 € de revenus d’activité, puis 47 %. Les conditions se vérifient au cas par cas.
Peut-on vivre à moitié au Portugal et à moitié en Espagne ?
Un titre de séjour d’un des deux pays ne vous donne pas le droit de vous installer dans l’autre. Pour les séjours courts, la règle Schengen générale limite à 90 jours sur 180. Côté impôts, chaque pays applique ses propres critères de résidence fiscale, notamment les 183 jours en Espagne.
Quel pays est le moins cher pour vivre ?
Selon Eurostat, le niveau des prix des ménages en 2025 est de 86,6 au Portugal et de 91,6 en Espagne (UE à 100, France à 110,3). Ces indices sont nationaux. Les loyers de Lisbonne et de Barcelone, eux, se comparent mal d’une source à l’autre.